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Réflexion sur les séquences de référence
Graphiquement. la séquence illustre la moyenne des variations
de croissance annuelle des bois qui la composent.
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Nous représentons les années en abscisse et la largeur
moyenne des cernes de croissance en ordonnée.
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Sous la séquence nous indiquons le nombre de bois qui composent
la moyenne annuelle (couverture annuelle): 1 mm pour 1 bois. Maximum
indiqué annuellement: 50 bois.
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Sur la séquence, les blocs-diagrammes représentent
la longueur des séquences locales obtenues par l'analyse des
bois de chaque bâtiment ou objet.
La longueur de la séquence indique donc la période pour
laquelle nous disposons d'une référence de datation. La
localisation précise des références est indiquée
par un code dans chaque bloc-diagramme (nom de la référence).
La couverture annuelle permet de repérer rapidement les périodes
pour lesquelles nous disposons de nombreux échantillons.
Il est admis qu'un bois ou qu'une courbe dendrochronologique est daté
en étant comparés à une référence globale
préalablement constituée. Cette pratique permet d'obtenir
des résultats positifs dans environ seulement 30% des cas de recherche.
Dans un contexte archéologique, ceci est largement insuffisant
et risque de déboucher sur des interprétations erronées.
Si l'analyse dendrochronologique n'aboutit pas positivement, dans environ
70% des cas en pratiquant cette méthode, c'est que la référence
globale ne constitue pas un outil idéal de recherche pour dater
des bois et ceci tout particulièrement dans les deux cas de figure
suivants:
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Une partie de la référence est très bien étayée,
c'est-à-dire qu'elle est composée d'un maximum d'échantillons.
Un grand nombre de signatures apparaissent (ensemble de cernes particulièrement
caractéristiques apparaissant de façon constante dans
de nombreux individus). Signatures sur lesquelles travaillent généralement
les dendrochronologues. Finalement tous les caractères spécifiques
des séquences qui ne vont pas dans le sens de la généralité
sont éliminés. Si la croissance de l'échantillon
comparé est particulière et qu'elle reflète un
phénomène typiquement local, celui-ci ne pourra pas
être daté, puisque la référence reflète
plutôt des variations climatiques d'ordre général
ou sélectionnées.
Si au contraire, nous travaillons individuellement sur les composantes
de la référence, en comparant la croissance de l'échantillon
à dater à chacune de ces séquences, nous augmentons
très notablement nos chances de déboucher positivement
dans notre recherche, car ces séquences marquées par leur
caractère local reflètent encore un type de croissance
spécifique.
Par la même occasion, nous constituons un nouvel élément
de comparaison particulier.
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Le deuxième cas, où la référence ne
permet pas d'obtenir facilement des datations, est le suivant : nous
réalisons les comparaisons dans les parties non étayées.
Dans ce cas, nous manquons simplement d'élément de comparaison
et la séquence reflète par trop un phénomène
climatique local isolé. Il faut donc réaliser des comparaisons
avec l'ensemble de la banque de données, y compris les échantillons
non datés.
On constate finalement, que dans tous ces cas de figure, il est souhaitable
d'avoir accès à l'ensemble de la banque de données
pour réaliser les comparaisons sur des séquences qui reflètent
au travers des cernes de croissance le caractère climatique local
et original.
Cette méthode de recherche n'est pas pour nous une découverte,
puisque nous la pratiquons depuis plusieurs années en préhistoire
pour exploiter les bois provenant des sites lacustres. En effet, dans
ce domaine nous regroupons les bois en fonction de leur type de croissance.
Ces types reflètent diverses provenances de bois, qui peuvent être
datés et avec lesquels nous reconstituerons les structures d'habitat
pour cette période. En préhistoire, cette pratique est maintenant
admise et il n'est pas rare entre spécialistes de parler de groupes
écologiques différents. Dans de nombreux cas, ces groupes
n'ont pas pu être datés directement sur les références
globales. Une grande flexibilité dans l'utilisation des références
est d'autant plus nécessaire pour les datations dès l'époque
romaine et particulièrement à l'époque médiévale
car nous avons affaire très souvent à des matériaux
qui peuvent avoir été transportés sur de longues
distances avant d'être mis en oeuvre et refléter ainsi des
types de croissance très hétérogènes, dans
le même bâtiment et parfois pour la même époque.
Les historiens des monuments qui analysent les anciens décomptes
des constructions et les contrats de fourniture des matériaux confirment
des provenances éloignées des matériaux.
Puisque nous analysons, dans les bâtiments de la période
médiévale, d'importantes quantités de bois qui reflètent
différentes périodes de construction, il est logique que
depuis plusieurs années nous utilisions approximativement les mêmes
méthodes d'analyse qu'en préhistoire. Malheureusement, dans
ce domaine, nous ne sommes que trop peu suivis et trop nombreux sont les
dendrochronologues qui se contentent, ou sont contraints, de prélever
quelques échantillons seulement, qui seront par ailleurs comparés
à une unique séquence de référence, dont ils
n'ont en général pas mémorisé les composantes.
Dans de nombreux cas, ces analyses ne débouchent pas et donnent
mauvaise presse à la méthode.
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